La guerre est déclarée aux lobbys financiers

La guerre est déclarée aux lobbys financiers

La crise financière a fait apparaître sur le devant de la scène une puissance d’ordinaire adepte des coulisses médiatiques : les lobbys financiers. S’ils font rêver de nombreux étudiants en sciences politiques ou écoles de commerce, ils sont surtout grandement redoutés par le grand public, qui voit en eux l’incarnation des requins du « Wall Street » d’Oliver Stone.

Peu présents dans les journaux il y a encore quelques années, ces groupes sont pourtant très actifs et disposent d’effectifs et de budgets proportionnels aux institutions qu’ils représentent, ce qui leur confère une visibilité et un poids de premier plan auprès des députés.

Mécontents de l’influence qu’exercent ces mêmes groupes, et surtout de l’absence apparente d’un contre-pouvoir significatif, vingt-deux députés européens (parmi lesquels des français – Verts, UMP et Socialistes) ont décidé de se lancer, au début de l’été, à l’attaque de ces lobbys. Ce noyau dur de parlementaires est composé de représentants venant de plus de dix pays de l’UE et appartenant aux principaux groupes présents à Bruxelles.

Avec la ferme intention de réduire l’influence des bancassurances au Parlement européen, ils dénoncent notamment la trop forte proximité qui existe entre les élites financières et publiques. Ils accusent ces rapprochements de mener les hauts responsables politiques à une indépendance réduite, au profit de décisions commanditées par des institutions intéressées. Les députés présentent même les lobbys financiers comme un danger sérieux pour la démocratie.

Face à cette menace, les eurodéputés se sont donc rassemblés, avec pour objectif la création d’une ou plusieurs ONG (Organisations Non Gouvernementales) visant à réaliser une contre-expertise globale de l’activité des marchés financiers. Ils en appellent ainsi aux différents syndicats et groupes d’universitaires spécialisés, ainsi qu’aux think-tanks (groupes de réflexion et d’influence, composés d’experts d’un secteur), à se réunir autour d’un but commun : créer un contre-pouvoir de poids. Les initiateurs du mouvement ont même évoqué la volonté de créer un « Greenpeace de la finance ».

Si le combat semble noble et la cause honorable, il reste à ce mouvement à être viable. En effet, se voulant entièrement indépendant des pouvoirs politiques et évidemment des institutions financières, le mouvement devra toucher le grand public et trouver des financements extérieurs. La course commence.

Vous pouvez retrouver le site de ce mouvement à cette adresse : www.finance-watch.org

Par Stanislas De Zutter, pour ESSEC Transaction

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